
À l’occasion d’un vote en plénière de la région Nouvelle-Aquitaine le 17 mars, Pauline Garraud, conseillère RN a attaqué la directrice du centre chorégraphique de La Rochelle, la jugeant trop « militante » et préférant un art sans « message politique » qu'elle considère comme « pur ». Une intervention alarmante qui n’a pas plu du tout.
« Est-ce donc cela la danse d’aujourd’hui en Nouvelle-Aquitaine ? Un vecteur d’idéologie avant d’être un art ? » Cette question est venue de Pauline Garraud, conseillère régionale Rassemblement national (RN) du Libournais (Gironde) à l’occasion de la dernière plénière de la région Nouvelle-Aquitaine le 17 mars. En pleine séance et alors que l’élue prend la parole pour signifier l’abstention de son groupe de la signature des conventions pluriannuelles d’objectifs des Centres chorégraphiques nationaux (CCN) de La Rochelle et Biarritz, Pauline Garraud vise ouvertement le travail de la directrice de l’établissement charentais : Olivia Grandville.
Pour la membre de la commission culture, la danseuse et chorégraphe formée à l’Opéra de Paris et à la tête des Mille Plateaux, le CCN de La Rochelle, « semble opter pour une vision artistique engagée, reflétant les mutations de la société contemporaine, qui ne fait pas l’unanimité ». L’élue d’extrême droite va même jusqu’à attaquer personnellement Olivia Grandville, estimant que son travail sur « la danse devient un prétexte à la transmission d’un message idéologique ». Et quel message selon Pauline Garraud ? Celui concernant notamment « la transition écologique, sociétale, générationnelle et culturelle » mais surtout les réinterprétations de la chorégraphe du « rapport de la masculinité, le statut de l’homme et de danseur en pleine période de réactivation féministe », relatent nos confrères de chez Rue89 Bordeaux.
Pire encore, Pauline Garraud revendique qu’une « danse peut exister en tant qu’art pur, sans être instrumentalisé pour servir des revendications sociétales ». Formule inquiétante, non pas sans rappeler le vocabulaire nazi qui comparait art « dégénéré » et « art pur ».
L’ignorance de l’histoire de l’art
Pour servir la comparaison, la conseillère régionale oppose cette « logique militante » à une autre branche de la danse qui offrirait « une liberté de création qui peut aboutir à des pièces abstraites, poétiques et universelles », dont, selon elle, le travail « sans idéologie » de Thierry Malandain, directeur du centre chorégraphique de Biarritz qui ne cherche pas « à imposer un message politique ».
Durant la séance, l’intervention a fortement déplu à Charline Claveau, vice-présidente en charge de la culture de la Région : « Si vous ne respectez pas l’expression des artistes, comment allez-vous respecter l’expression de vos concitoyens si un jour vous arrivez au pouvoir ? », interpelle-t-elle à son micro. Avant de...
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