
Sept heures pour « le Soulier de satin », douze pour « 2666 » et jusqu’à vingt-quatre heures pour une mise en scène de Thomas Jolly ! Les pièces-fleuves se multiplient et suscitent l’enthousiasme du public.
Pendant longtemps, le petit monde des festivaliers d’Avignon a été scindé en deux : ceux qui avaient eu la chance de voir « le Soulier de satin » monté par Antoine Vitez dans la Cour d’Honneur en 1987… et les autres. Ceux qui avaient bravé la fatigue, la nuit, la pluie parfois, pour voyager de l’Espagne à Mogador aux côtés de Rodrigue, Camille, Prouhèze… et les autres. Bientôt, leurs enfants ou petits-enfants pourront à leur tour s’enfoncer dans une folle nuit claudélienne de sept heures, puisque, trente-huit ans plus tard, l’œuvre de Claudel va être portée par une troupe au sommet. Toujours dans la Cour d’Honneur, mais cette fois dans la mise en scène d’Eric Ruf, qui triomphe actuellement à la Comédie-Française. La mythologie du festival, plus généralement celle du théâtre français, est faite de ces grandes traversées. Elles se sont multipliées ces dernières années, avec un engouement jamais démenti.
Avant qu’il soit l’homme-orchestre mondialement adulé des cérémonies des Jeux de Paris 2024, le metteur en scène Thomas Jolly avait été à la manœuvre d’une fantastique tétralogie shakespearienne. D’abord la trilogie « Henry VI », dix-huit heures de spectacle à Avignon en 2014, puis « Richard III ». L’ensemble fut présenté au Quai d’Angers en juin 2022, lors d’une intégrale de vingt-quatre heures, un week-end durant. Au menu, 15 actes, 150 personnes...
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