
À la tête du CNM depuis sa création en 2020, il n’a pas été reconduit pour un second mandat, malgré un bilan plutôt positif.
Après plusieurs décennies de gestation, le Centre national de la musique (CNM) voyait enfin le jour en janvier 2020. Confié à Jean-Philippe Thiellay, conseiller d’État alors directeur général adjoint de l’Opéra de Paris, le nouveau-né a rapidement fait ses preuves, notamment durant la pandémie. Cinq ans plus tard, le bilan semble toujours positif, le CNM s’étant véritablement imposé dans le paysage public. Pourtant, Jean-Philippe Thiellay n’a pas été renouvelé pour le second mandat qu’il briguait : « Le président de la République et la ministre de la Culture ont décidé de donner, prochainement, une nouvelle impulsion et donc une nouvelle présidence au Centre national de la musique », a-t-il annoncé sur LinkedIn, expliquant avoir le sentiment du devoir accompli : « Sans doute n'a-t-on pas tout réussi ; sans doute a-t-on commis des erreurs et déplu parfois ; sans doute n'a-t-on pas bien répondu à certaines attentes très légitimes. Mais, à l’issue de ces cinq années, je crois, plus que jamais, à la pertinence d’un opérateur agile et ambitieux, regroupant toute la filière, toutes les esthétiques, tous les modèles économiques, autour d’une vision commune et claire. »
Sujets de discorde ?
Au même moment, la Cour des comptes vient de publier son premier rapport sur le Centre national de la musique. Le document, cité par le journal Le Monde, souligne que le CNM a géré avec succès la distribution des crédits exceptionnels de l’État durant la pandémie, évitant ainsi la faillite à de nombreuses institutions, mais les magistrats considèrent que l’opérateur public manque de « stratégie claire en faveur des filières musicales ». Un point de vue que semble partager Jean-Philippe Thiellay, qui ne s'estime néanmoins pas fautif de la situation, comme il l'a expliqué dans une interview accordée à Télérama : « L’État a créé le CNM sans vraiment s’interroger sur les conséquences que le ministère de la Culture devait tirer de l’existence de ce nouvel opérateur. De mon point de vue, le rôle de l’État devrait désormais être plus tourné vers la stratégie que sur la gestion quotidienne […] Il existe trop de structures, et la situation des finances publiques ne permet plus d’avoir des doublons. C’est une conviction qui ne m’a pas fait que des amis. »
Autre sujet de discorde : la fameuse taxe sur les plateformes de streaming. Alors que la Cour des comptes estime que « la justification des besoins de cette taxe reste vague », Jean-Philippe Thiellay continue de la défendre, considérant cette mesure comme essentielle pour l’avenir du secteur : « La taxe streaming comme celle sur la billetterie sont réinjectées à 100 % dans la filière musicale. Plus l’activité croît, plus le produit de la taxe croît, et plus on...
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