
Finalement adopté jeudi, le budget du ministère de la Culture est en baisse pour la première fois depuis dix ans. Dans le détail, la création et le patrimoine surnagent, l’audiovisuel public coule.
Un budget au forceps. Jusqu’à la dernière minute, les organisations professionnelles de la culture auront multiplié les pressions. Jusqu’au jeudi 6 février, jour du vote du budget, Rachida Dati aura fait assaut auprès de Matignon pour arracher d’ultimes arbitrages en sa faveur. Et pourtant, le compte n’y est pas. En tout cas, pas pour tout le monde, et pas au niveau des besoins dans un contexte où les départements et les Régions ont commencé à désinvestir parfois lourdement le secteur de la culture.
Pour la première fois depuis dix ans, le budget de la rue de Valois est en baisse. Il perd 85 millions d’euros par rapport au projet de loi de finances 2024. Avec 1, 044 milliards d’euros, les crédits alloués à la création surnagent (+ 3 millions), tout comme ceux du patrimoine (1, 252 milliards, soit + 50 millions). En revanche, celui consacré à la transmission des savoirs et la démocratisation culturelle (760 millions) perd 47 millions d’euros, notamment en raison d’une diminution des crédits du pass Culture de 40 millions. Quant à l’audiovisuel public, il sombre avec une chute de 80 millions d’euros. Et encore, initialement, le gouvernement souhaitait le réduire de 100 millions mais, au cours des débats parlementaires, les sénateurs ont jugé que la marche était trop haute, et redonné par amendement un peu d’oxygène aux chaînes et radios publiques.
Jusqu’ici tout va bien
Tout avait pourtant plutôt bien commencé. Au début de l’automne, en présentant la version initiale de son budget 2025, Rachida Dati donnait l’impression d’avoir préservé l’essentiel avec un budget identique à celui de l’année précédente. Mieux, elle pouvait se targuer d’avoir récupéré les 206 millions d’euros que Gabriel Attal lui avait supprimés en cours d’année. De quoi prendre le risque de pavoiser : « Alors que la maîtrise de nos comptes nécessite des efforts inédits, le budget du ministère de la Culture est stabilisé à son plus haut niveau historique. »
Le 28 octobre, c’est la soupe à la grimace, le gouvernement Barnier porte un premier coup de rabot de 156 millions d’euros. Rue de Valois, on tente de minorer les effets de cette coupe claire en expliquant que la quasi-totalité doit être prélevée sur la réserve de précaution du ministère, c’est-à-dire sur ces crédits qui, en début d’année, sont obligatoirement gelés pour faire face aux inévitables aléas de gestion qui interviennent en cours d’année. Rachida Dati fait grise mine mais ne met pas une semaine à rebondir en arrachant au gouvernement une rallonge de 190 millions d’euros fléchée majoritairement vers le patrimoine. « Nous sommes dans une situation exceptionnelle », explique-t-elle début novembre devant la commission de la culture et de l’éducation du Sénat, soulignant que sur les quarante-cinq mille monuments historiques, 20 % étaient en mauvais état et 5 % en état de péril, soit deux mille monuments susceptibles de disparaître dans les prochains mois. Autrement dit, il y a urgence.
"Ce budget entre Bercy et le ministère de la Culture, c’est l’ascenseur émotionnel."
Mais une urgence toute relative puisque dans la nuit du 16 au 17 janvier, le nouveau gouvernement de François Bayrou introduit un amendement minorant de 130 millions d’euros le budget du ministère de la culture qui doit être...
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